Ils ont tué les platanes de Bégoux !

Le crime est toutefois loin d‘être parfait, ce qui conduit à évoquer les responsabilités potentielles.

Tout d’abord, l’éventuel abus de pouvoir perpétré par le maire de Cahors, président de la Communauté d’Agglomération.

L’article L. 2213-1 du Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) confère au maire la possibilité d’abattre  des arbres en bordure d’une voie départementale en agglomération, ce au titre de la police de circulation. Cette prérogative est reprise dans le Règlement de la Voirie Routière du Département, article 15.

Mais…

Cela implique que les problèmes de sécurité doivent être justifiés, donc matériellement appréciés ; ce qui n’a pas été le cas ! Il doit ensuite être prouvé qu’il n’y avait pas d’autres solutions moins attentatoires et que finalement l’abattage était la seule alternative pour atteindre l’objectif de sécurisation : les procédures n’ont pas été respectées. La décision constituée par l’acte matériel de destruction n’est-elle pas illégale ?

Ensuite, l’attitude du président du Conseil Général du Lot qui, investi d’une mission de service public, a sciemment laissé détruire un des derniers vestiges des alignements de platanes appartenant au patrimoine arboré du département, ne constitue-t-elle pas une faute ? (articles 3 et 16 du Code départemental de voirie).

Sa complicité résiderait dans la mise à disposition des  Services départementaux de la voirie pour la mise en place des déviations routières. Cette connivence  profiterait en outre au SYDED qui est destinataire des plaquettes de bois  issues de la destruction et du rognage des arbres.

Enfin, la possible  carence administrative au niveau du préfet du Lot.

L’autorité hiérarchique, saisie par les opposants à l’abattage (GADEL, ASPAS), ne semble  avoir adressé aucun rappel à la loi quant au défaut de procédure évoqué ci-dessus. Lors du début des travaux, le lundi 10 septembre, une demande d’audience tendant à solliciter la médiation préfectorale, a essuyé un refus.

Pourquoi ce massacre stupide de trois douzaines de platanes centenaires en parfaite santé et la ruine de tout l’écosystème qui leur était inféodé ?

Parce que les arbres ont des feuilles et qu’en automne ces dernières tombent sur la pelouse de quelques riverains acariâtres, arbrophobes et, semble-t-il, influents…

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Destruction des platanes de Bégoux – Cahors

Le GADEL et d’autres association du Lot se sont mobilisées pour préserver des platanes bicentenaires contre un abattage réalisé sans concertation et en dépit du bon sens et de la législation.

Nous demandions par courrier aux autorités responsables du Conseil Général, du Grand Cahors et de la ville de Cahors de ne pas abattre les platanes avant d’avoir programmé puis fait réaliser une étude d’impact recensant les espèces pouvant habiter ce long cordon arboré ont vu leur courrier négligé ou passé sous silence, en même temps que le maire de Cahors leur faisait la morale, indirectement par voie de presse, leur reprochant une attitude anti démocratique face à la demande d’une centaine d’habitants du quartier.

Les services de la préfecture sollicités pour rappeler aux élus la nécessité de cette étude préalable sont également restés muets.

Devant cette attitude, est alors décidée une manifestation publique des opposants à l’abattage.
Il restait aux associations à organiser une conférence de presse sur le chantier, le 10 Septembre, au moment du démarrage de l’abattage : FR3, les radios locales, les journaux étaient là pour recueillir les éléments fournis par les A.P.N. du Lot, sans compter l’inévitable fourgon de police.
L’entreprise a communiqué le détail des travaux commandés à exécuter : les A.P.N. se sont alors aperçus que l’abattage de ces platanes était discrétement finalisé : une transformation en plaquettes de chauffage était prévue ; destinataire le SYDED de Catus et sa chaufferie communale nouvellement construite . Le pilotage de l’opération par le Conseil Général était évident : sous des apparences « écologiques « , au nom du « développement durable », formule passe partout, on allait bousiller clandestinement un habitat d’espèces vivantes non inventorié. On avait besoin de bois pour l’hiver, tout bêtement et l’occasion était trop belle de se servir.

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La situation actuelle
Elle est en train d’évoluer vers l’abattage en ce moment, en catimini, avec la bénédiction muette des autorités et des élus qui nous représentent. Les 36 platanes sont condamnés, sans appel et seront brûlés. Le chantier a pris du retard, mais patience un gros broyeur arrive

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Aucune communication publique. Aucune référence à l’Ecologie du paysage qui pilote les PLU. L’existence de la confection d’une future Trame Verte et Bleue n’est pas mentionnée par exemple.

Le piquant de l’affaire : le Président du Conseil Général du Lot, le sénateur MIQUEL a été désigné par le Président du Sénat comme parlementaire participant à la Table Ronde n°5 de la Conférence Environnementale des 14 et 15 Septembre : le sujet de discussion, je vous le laisse deviner : AMELIORATION DE LA GOUVERNANCE ENVIRONNEMENTALE.

La conclusion

Sourire mêlé de sourde colère aussi devant la désinvolture affichée des élus décideurs face à la belle nature arborée du Lot, plantée pour notre plaisir et notre confort par des prédécesseurs plus avisés au moment où marcher au soleil était une nécessité et non une distraction dominicale. Maintenant, on a la bagnole et la clim.

Affaire à suivre. On vous tiendra au courant.